Humeur : le droit local s’applique aussi au Racing Club de Strasbourg

24 06 2008

L’Alsace revendique depuis des lustres son droit local, le Racing Club de Strasbourg n’échappe pas à la règle et, avec le temps, de nombreux cas ont fait jurisprudence octroyant par la même occasion des droits divins à des divas qui ne courent même plus.

Comme chacun le sait, le Racing c’est un club où tu n’as pas besoin de savoir jouer au football pour signer un contrat (jurisprudence Haykel Gmandia). On ne t’en voudra pas si tu ne joues pas bien puisque c’est le cas de tout le monde, sauf grossière erreur de recrutement ( jurisprudence Stéphane Cassard) mais ça n’arrive pas souvent, c’est qu’après autant d’années de galère le système commence à être bien rôdé. Mais attention si tu te mets à mouiller le maillot on risque de te montrer du doigt, et en représailles tu risques de te faire transférer illico presto à l’OM (jurisprudence Mamadou Niang). Faut surtout pas rigoler avec ça !
Heureusement tout est fait pour que cela n’arrive jamais : des entraîneurs qui s’en mettent plein les fouilles sur le dos des joueurs africains (jurisprudence Claude Leroy), des buteurs qui ne sont pas vraiment des buteurs (jurisprudence Per Pedersen, Cyril Chapuis, De Gea, Nemeth, Moukouri, Pierre Laurent, Kamanan, Paateleinen, Mbodji, Jacques Remy, Belloso, etc.), des droits illimités comme celui d’insulter les supporters « je m’en fous, moi je gagne 50 000 euros, et toi ? » (jurisprudence Johansen), « ! » (ceci est un majeur levé vers les cieux) (jurisprudence Mamadou Bagayoko), « bande de connards !» (jurisprudence Papa Abdessaki) », « rien à foutre des mecs qui vont se faire licencier à cause de la descente, écoute plutôt le bruit moteur de ma Audi R8 » (jurisprudence fils de l’autre d’avant), « fils de pute ! » (jurisprudence Grégory Paisley), « je vouloir jouait » (jurisprudence Abou).

En plus au Racing tu as des belles voitures toutes gratuites du sponsor et si tu les prêtes à des amis qui font des excès de vitesse, les amendes sont envoyées au club qui les règlent sans rien te reprocher (jurisprudence Habib Beye). Mais tu peux aussi très bien venir avec ta propre voiture et payer à chaque entraînement une amende conséquente (jurisprudence Christophe Kinet). C’est le prix à payer pour frimer devant tes collègues de boite de nuit, ton entraîneur et toutes les filles présentes à l’entraînement qui n’ont pas vu le sexe d’un homme depuis la dernière sortie de Pascal Nouma dans la boîte de nuit du Colysée (à moins qu’il y ait dans le tas la femme de Frank Leboeuf auquel cas il se peut que Sauzée s’en soit réoccupé).

Le suite dans l’excellent article intitulé « Rage Against The Racing » du Racing Stub dont ce passage est extrait





Un nouveau stade de pointure européenne pour Strasbourg en 2013 ?

8 06 2008

Philippe Ginestet et les dirigeants du Racing Club de Strasbourg ont présenté au Parlement européen leur projet de nouveau stade, l’EuroStadium, qui pourra accueillir 42.710 spectateurs pour un coût global estimé à quelque 250 millions d’euros. Destiné à remplacer le stade de la Meinau, construit 1914 puis rénové à l’occasion de l’Euro-84, le nouveau complexe sportif devrait être livré à l’horizon 2013-2014, même si de doutes planent sur l’identité des investisseurs.

En effet ce stade ultra moderne à rencontré le soutien entier de la mairie de Strasbourg mais sera financé sur capitaux privés et on ne sait pas encore sur il y a du monde pour tenter l’aventure. Le site le plus favorable serait, selon les dirigeants strasbourgeois, dans le Sud de l’agglomération strasbourgeoise à proximité de l’aéroport de Strasbourg-Entzheim.

La nécessité d’un tel équipement est pourtant là à l’heure où des villes plus dynamiques comme Grenoble est en train de monter en puissance sur ces équipements. Strasbourg et sa Meinau vieillissante sont déjà passé à coté du mondial 98 et de la coupe du monde de rugby 2007. Si la capitale européenne venait à louper l’euro qui se déroulera vraisemblablement en France entre 2016 ou 2020. L’absence d’un stade de premier plan à Strasbourg marquerait une éclipse de plus de 40 ans. Pas très digne pour une ville européenne et qui se doit donc d’afficher une politique de prestige en termes d’équipements.

Le stade de la Meinau, chaleureux mais un peu old school

La meinau : chaleureuse mais old school

Le Conseil d’administration du RCS a mandaté le cabinet d’architecture lyonnais Jean Chabanne spécialisé dans les équipements sportifs et qui a notamment réalisé le futur stade de Troyes. Pour les détails, le stade se veut un espace de vie entouré de 80 000 m2 de surfaces marchandes. Outre les commerces, un centre de loisirs et de divertissements est inclus dans le projet. C’est «le concept Racing indoor avec des terrains de football en salle, badminton, squash, mais aussi des murs d’escalade, un centre aquatique, des parcours aventures, centre de fitness… ».

On peut faire confiance à Philippe Ginestet qui a fait fortune dans l’immobilier pour concevoir un projet ambitieux et potentiellement rentable. Espérons juste qu’il n’y a pas là-dessus qu’une simple volonté de percevoir un retour sur les investissements consentis dans l’entreprise Racing Club de Strasbourg.

La bonne vieille Meinau ne deviendra plus qu’une légende urbaine et nous passerons pour des anciens complètement séniles quand nous évoquerons le but de Keshi contre Rennes, de celui d’Yvon Pouliquen contre Metz en demi-finale ou bien du pétard qui a décapité Nelly Viennot. C’en est fini des sièges en plastique non recyclables aux couleurs douteuses et psychédéliques, c’en est fini des WC sans lunettes, des urinoirs sans chasse d’eau, des toilettes sans savon, des files d’attentes au guichet où prendre un billet prenait autant de temps que de réserver une Traban à l’époque de l’ex-RDA.
Dans l’Eurostadium, tout sera luxe, calme et volupté pour toujours plus de divas qui divaguent avec toujours plus de jurisprudences. Avant, trouver la boutique du Racing à la Meinau relevait un peu de la chasse au trésor, avec l’Eurostadium on ne ratera plus aucun magasin, soyez en certain. Le porte monnaie va être sollicité aussi souvent que le nom de Gilbert Gress peut resurgir après chaque match perdu du Racing. Un Eurostadium aussi plus sécuritaire pour éliminer le hooliganisme et surtout le grand hamster d’Alsace.
Bref, un nouveau défi à perdre pour le club, et beaucoup d’argent aussi, mais au Racing c’est un peu comme 11 défaites de suite : quand on aime, on ne compte pas.





Strabourg, le club le plus punk de tous les temps

26 05 2008

No future, born to loose… Le Racing Club de Strasbourg est un véritable club punk dont les valeurs et le fonctionnement sont comme un pied de nez aux clichés qu’on accorde souvent complaisamment à l’Alsace : stabilité, amour du travail bien fait, tranquilité etc.

RSC

A croire que ce club est allergique à la sérénité. La valse des entraîneurs y est une spécialité ancestrale quand ce n’est pas celle des présidents qui prend la relève comme en 2006 avec 6 têtes différentes qui se sont succédées parfois très brièvement au cours de l’année 2006. Il s’agit évidemment d’un record qui n’est pas plus près de tombe que celui des 13 buts de Just Fontaine en phase finale de la coupe du monde.

L’autre record, c’est évidemment celui des 11 défaites consécutives au plus haut niveau soit la plus longue série de l’après guerre. Et encore, cette série est en cours ! Le jour ou le RCS remontera en ligue 1 (et ce n’est peut-être pas pour tout de suite), il suffira au Racing d’encaisser 2 petites défaites pour faire tomber le record absolu qui date des années 1933-1934 !

Au moins l’ère des escrocs, trafiquants de joueurs et autres managers psychopathes comme il en est passé quelques-uns au club au tournant des années 2000 semble révolue. Maigre consolation qui ne doit pas faire oublier que le seul titre de champion du RCS fut l’œuvre d’un entraîneur lui-même assez bien classé au palmarès des grand psychotiques du foot (oui je vous reparlerais un jour de Gilbert Gress).

On qualifie souvent Strasbourg de Marseille de l’est pour son instabilité mais afin que cette comparaison ne soit pas réductrice, il faudrait l’appeler le PSG de l’est pour son gros potentiel comique.

Au moins peut-on se consoler en voyant pour une fois le staff en place confirmé même si la nomination de Joey Starr comme président et de Eric Cantona comme entraîneur collerait mieux à son image

Cette saison encore le Racing Club de Strasbourg à cultivé ses paradoxes habituels qui le voient régulièrement au fil des saisons battre les gros poids lourds du championnat pour mieux distribuer des points à des cadors comme Sochaux, Auxerre, Caen ou Nice. En pleine déperdition, les Strasbourgeois se sont pourtant fait voler la victoire par Lyon avant de manquer de peu de faire tomber Marseille au Vélodrome lors de la dernière journée.

Pour les masochistes, il existe heureusement l’excellent dite Racingstub qui traite l’actualité du club avec humour et autodérision. Je ne peux que vous inviter à découvrir le premier volet de leur rétrospective d’une saison cauchemardesque :http://www.racingstub.com/page.php?page=news&id=2949

Mais tel un grand cadavre de punk à la renverse, laissé pour mort dans sa flaque de vomi après un fin de soirée fatalement arrosée, tel le rock’n’roll dont on annonce toujours la fin pour mieux le voir ressusciter, le Racing relèvera la tête et repartira de plus belle après sa gueule de bois. Le club reste malgré tout l’un des clubs historiquement les plus réguliers au haut niveau derrière Sochaux, Metz et Nantes. Il peut par ailleurs compter sur un centre de formation en plein boom, habitué depuis 3 ans aux phases finales de la coupe Gambardella qu’il a remporté en 2007. Le club sera maintenant obligé de leur faire confiance étant donné le déficit qui l’étrangle.

Des gueules de bois, le vieux punk strasbourgeois en a connu bien d’autres et l’amour de toute une région lui est acquis, lui qui tourne si obstinément le dos aux valeurs de sa région et porte au pinacle l’irrégularité et les coups de théâtre.





Le maire de Strasbourg pour un eurodistrict sur l’exemple de Washington D.C.

19 03 2008

Nouvellement élu maire de Strasbourg, Roland Ries a annoncé qu’il allait tenter avec les maires des villes allemandes voisines (Kehl notamment) de créer un « vrai eurodistrict » extraterritorial sur l’exemple de Washington D.C., aux Etats-Unis. Le district de la capitale fédérale des Etats-Unis ne constitue formellement pas un des cinquante Etats américains.

« J’ai le projet fort de créer un vrai eurodistrict, un district européen à statut juridique et fiscal particulier qui accueillerait de grandes institutions européennes et les sièges sociaux de grands groupes européens« , a-t-il expliqué lors d’un point presse consacré aux projets de la nouvelle majorité socialiste. Il n’est pas sûr que le projet aboutisse et soit accepté par Paris et Berlin, a-t-il convenu, tout en estimant que « la bataille vaut la peine d’être menée ». Nul doute que le projet risque de faire grincer de dents du coté des politiciens souverainistes (y compris dans sa famille), des autorités centrales françaises et peut-être aussi outre-Rhin. La grande diversité des statuts des collectivités territoriales américaines n’est en effet pas de mise en Europe, surtout en France où la tradition centralisatrice est très puissante. Mais on peut lui souhaiter bonne chance car l’enjeu est de taille pour la capitale alsacienne. Cet eurodistrict est sans doute une condition pour que les institutions européennes ne soient pas toutes regroupées à terme à Bruxelles.

Source: AFP