Un nouveau stade de pointure européenne pour Strasbourg en 2013 ?

8 06 2008

Philippe Ginestet et les dirigeants du Racing Club de Strasbourg ont présenté au Parlement européen leur projet de nouveau stade, l’EuroStadium, qui pourra accueillir 42.710 spectateurs pour un coût global estimé à quelque 250 millions d’euros. Destiné à remplacer le stade de la Meinau, construit 1914 puis rénové à l’occasion de l’Euro-84, le nouveau complexe sportif devrait être livré à l’horizon 2013-2014, même si de doutes planent sur l’identité des investisseurs.

En effet ce stade ultra moderne à rencontré le soutien entier de la mairie de Strasbourg mais sera financé sur capitaux privés et on ne sait pas encore sur il y a du monde pour tenter l’aventure. Le site le plus favorable serait, selon les dirigeants strasbourgeois, dans le Sud de l’agglomération strasbourgeoise à proximité de l’aéroport de Strasbourg-Entzheim.

La nécessité d’un tel équipement est pourtant là à l’heure où des villes plus dynamiques comme Grenoble est en train de monter en puissance sur ces équipements. Strasbourg et sa Meinau vieillissante sont déjà passé à coté du mondial 98 et de la coupe du monde de rugby 2007. Si la capitale européenne venait à louper l’euro qui se déroulera vraisemblablement en France entre 2016 ou 2020. L’absence d’un stade de premier plan à Strasbourg marquerait une éclipse de plus de 40 ans. Pas très digne pour une ville européenne et qui se doit donc d’afficher une politique de prestige en termes d’équipements.

Le stade de la Meinau, chaleureux mais un peu old school

La meinau : chaleureuse mais old school

Le Conseil d’administration du RCS a mandaté le cabinet d’architecture lyonnais Jean Chabanne spécialisé dans les équipements sportifs et qui a notamment réalisé le futur stade de Troyes. Pour les détails, le stade se veut un espace de vie entouré de 80 000 m2 de surfaces marchandes. Outre les commerces, un centre de loisirs et de divertissements est inclus dans le projet. C’est «le concept Racing indoor avec des terrains de football en salle, badminton, squash, mais aussi des murs d’escalade, un centre aquatique, des parcours aventures, centre de fitness… ».

On peut faire confiance à Philippe Ginestet qui a fait fortune dans l’immobilier pour concevoir un projet ambitieux et potentiellement rentable. Espérons juste qu’il n’y a pas là-dessus qu’une simple volonté de percevoir un retour sur les investissements consentis dans l’entreprise Racing Club de Strasbourg.

La bonne vieille Meinau ne deviendra plus qu’une légende urbaine et nous passerons pour des anciens complètement séniles quand nous évoquerons le but de Keshi contre Rennes, de celui d’Yvon Pouliquen contre Metz en demi-finale ou bien du pétard qui a décapité Nelly Viennot. C’en est fini des sièges en plastique non recyclables aux couleurs douteuses et psychédéliques, c’en est fini des WC sans lunettes, des urinoirs sans chasse d’eau, des toilettes sans savon, des files d’attentes au guichet où prendre un billet prenait autant de temps que de réserver une Traban à l’époque de l’ex-RDA.
Dans l’Eurostadium, tout sera luxe, calme et volupté pour toujours plus de divas qui divaguent avec toujours plus de jurisprudences. Avant, trouver la boutique du Racing à la Meinau relevait un peu de la chasse au trésor, avec l’Eurostadium on ne ratera plus aucun magasin, soyez en certain. Le porte monnaie va être sollicité aussi souvent que le nom de Gilbert Gress peut resurgir après chaque match perdu du Racing. Un Eurostadium aussi plus sécuritaire pour éliminer le hooliganisme et surtout le grand hamster d’Alsace.
Bref, un nouveau défi à perdre pour le club, et beaucoup d’argent aussi, mais au Racing c’est un peu comme 11 défaites de suite : quand on aime, on ne compte pas.