L’Alsacien : la langue régionale la plus enseignée de France

27 05 2008
Alors que le 22 mais dernier, un amendement au premier article de la constitution faisait officiellement rentrer les langues régionales dans le patrimoine de la nation, l’enseignement des principales langues régionales de France connait une croissance sans précédent, principalement en Alsace.

Au sortir d’une longue période de pressions culturelles négatives au cours de laquelle la transmission familiale s’est rompu dans la majorité des foyers et les locuteurs ont vieillis, le salut des dialectes régionaux passe désormais par l’enseignement : Pendant l’année scolaire 2001-2002, 252 858 élèves bénéficiaient d’un enseignement de langues régionales. Ils sont 404 351 aujourd’hui, soit près de 60 % de hausse malgré des effectifs qui restent modestes. Cette progression récente des effectifs sur la France provient essentiellement des écoles primaires. Il s’agit le plupart du temps d’enseignements optionnels qui ne permettent pas de rétablir une pratique sociale quotidienne. L’apport de la pratique de ces langues sera plutôt de nature culturelle, affective et distinctive. Cette réapropriation par la jeunesse marquera sans doute une coupure avec la langue parlées par leurs ancètres avec à la clef des évolutions et des apports difficiles à évaluer.

L’usage distinctif, l’affirmation identitaire que permettra cette recrudescence somme toute modeste ne manque d’ailleurs pas de faire hurler les jacobins de tout poils. Il est trop tôt pour dire si ils ont tort mais ces langues ont quoi qu’il en soit déjà été « tuées » d’un certaine manière par 1 gros siècle de répression. Elle ne peuvent que cimenter des initiatives et des énergies que les détracteurs nommeront « communautarisme« . Ce qui est certain c’est que faire de ce mouvement quelque peu nostalgique un phénomène uniforme serait un erreur tant les destins des différentes langues régionales et des aires culturelles dans lesquelles elles sont implantées divergent.

Parmi ces langues, l’alsacien est celle qui affiche la plus forte progression avec un doublement en cinq ans qui porte le nombre d’élèves à 163 820. C’est aussi la langue qui compte le plus d’élèves dans l’absolu devant l’occitan (80 000), le tahitien (50 000), le corse (34 500), le breton (23 400), le catalan (13 000) et le basque (11 000 élèves). La visibilité médiatique des revendications linguistiques bretonnes, corses ou basques n’obéit donc pas à la loi du nombre. Il faut dire que l’occitan s’étend sur une grande aire géographique et que la pratique de l’alsacien, très proche de l’allemand et du suisse alémanique constitue un atout professionnel évident dans cette région frontalière. Un effet frontière qui profite aussi sans doute au catalan, au francique mosellan ou au flamand occidental parlé du coté de Dunkerque.
carte simplifiée des dialectes en France
Parmis 77 dialectes resencés en France, ceux-ci ne sont que les rescapés les plus dynamiques d’une impitoyable « sélection naturelle ». De nombreuses langues de départements d’outre mer sont confiné dans leur isolement et des groupes linguistiques comme le franco-provençal dont fait partie le savoyard souffre de leur fragmentation.

d’immersion régiona Au niveau de « l’intensité » de l’enseignement, les écoles Diwan bretonnes se distinguent avec un projet d’immersion totale. Certaines écoles publiques peuvent opter pour la parité horaire entre français et languele. 40 000 élèves sont concernés par ce dispositif dont 11 000 pour le breton et 6000 pour l’occitan. La Corse fait exception puisque la loi stipule que l’enseignement doit être proposé partout. Un avantage quidoit faire des envieux et dont il ne serait pas de très bon goût de supposer qu’il doit beaucoup à l’activité terroriste éruptive de l’île de beauté.

Il est à noter que malgré ses effectifs « pléthoriques » et un réseau structuré d’école (les ABCM n’est aisément. L’ l’ à la régionalistes ), l’alsacienquasiment jamais enseigné à égalité avec le français. Une situation que l’histoire de la région expliqueallemand à traumatisé les générations d’après guerre en France d’où une méfiance vis-à-vis de l’alsacien que l’on ne distingue pas de l’allemand quand on ne parle que des langues latines.

Les alsaciens eux-mêmes ne vivent pas de la même façon leur rapport à la langue dominante : Le nationalisme français y est très fort et il se combine à une impossibilité d’assumer jusqu’au bout une langue qui est assimilée à celle de l’oppresseur nazi. Quand les mouvementdes années 70 secouaient les landernaus bretons ou occitans, les générations de l’après guerrequi parlaient toute alsacien s’interdisaient de l’apprendre à leurs enfants même si au-delà de la langue, la transmission d’une certaine culture à subsisté, encouragée par la prospérité économique, la proximité des pays de langue germanique et l’isolement par rapport aux région les plus dynamiques et peuplées du reste de la France.

C’est sans doute dans cette direction, celle d’une affirmation purement culturelle et d’un apport compétitif purement économique, que les langues régionales auront le plus à apporter dans une France qui traine son centralisme républicain comme un boulet.