Strabourg, le club le plus punk de tous les temps

26 05 2008

No future, born to loose… Le Racing Club de Strasbourg est un véritable club punk dont les valeurs et le fonctionnement sont comme un pied de nez aux clichés qu’on accorde souvent complaisamment à l’Alsace : stabilité, amour du travail bien fait, tranquilité etc.

RSC

A croire que ce club est allergique à la sérénité. La valse des entraîneurs y est une spécialité ancestrale quand ce n’est pas celle des présidents qui prend la relève comme en 2006 avec 6 têtes différentes qui se sont succédées parfois très brièvement au cours de l’année 2006. Il s’agit évidemment d’un record qui n’est pas plus près de tombe que celui des 13 buts de Just Fontaine en phase finale de la coupe du monde.

L’autre record, c’est évidemment celui des 11 défaites consécutives au plus haut niveau soit la plus longue série de l’après guerre. Et encore, cette série est en cours ! Le jour ou le RCS remontera en ligue 1 (et ce n’est peut-être pas pour tout de suite), il suffira au Racing d’encaisser 2 petites défaites pour faire tomber le record absolu qui date des années 1933-1934 !

Au moins l’ère des escrocs, trafiquants de joueurs et autres managers psychopathes comme il en est passé quelques-uns au club au tournant des années 2000 semble révolue. Maigre consolation qui ne doit pas faire oublier que le seul titre de champion du RCS fut l’œuvre d’un entraîneur lui-même assez bien classé au palmarès des grand psychotiques du foot (oui je vous reparlerais un jour de Gilbert Gress).

On qualifie souvent Strasbourg de Marseille de l’est pour son instabilité mais afin que cette comparaison ne soit pas réductrice, il faudrait l’appeler le PSG de l’est pour son gros potentiel comique.

Au moins peut-on se consoler en voyant pour une fois le staff en place confirmé même si la nomination de Joey Starr comme président et de Eric Cantona comme entraîneur collerait mieux à son image

Cette saison encore le Racing Club de Strasbourg à cultivé ses paradoxes habituels qui le voient régulièrement au fil des saisons battre les gros poids lourds du championnat pour mieux distribuer des points à des cadors comme Sochaux, Auxerre, Caen ou Nice. En pleine déperdition, les Strasbourgeois se sont pourtant fait voler la victoire par Lyon avant de manquer de peu de faire tomber Marseille au Vélodrome lors de la dernière journée.

Pour les masochistes, il existe heureusement l’excellent dite Racingstub qui traite l’actualité du club avec humour et autodérision. Je ne peux que vous inviter à découvrir le premier volet de leur rétrospective d’une saison cauchemardesque :http://www.racingstub.com/page.php?page=news&id=2949

Mais tel un grand cadavre de punk à la renverse, laissé pour mort dans sa flaque de vomi après un fin de soirée fatalement arrosée, tel le rock’n’roll dont on annonce toujours la fin pour mieux le voir ressusciter, le Racing relèvera la tête et repartira de plus belle après sa gueule de bois. Le club reste malgré tout l’un des clubs historiquement les plus réguliers au haut niveau derrière Sochaux, Metz et Nantes. Il peut par ailleurs compter sur un centre de formation en plein boom, habitué depuis 3 ans aux phases finales de la coupe Gambardella qu’il a remporté en 2007. Le club sera maintenant obligé de leur faire confiance étant donné le déficit qui l’étrangle.

Des gueules de bois, le vieux punk strasbourgeois en a connu bien d’autres et l’amour de toute une région lui est acquis, lui qui tourne si obstinément le dos aux valeurs de sa région et porte au pinacle l’irrégularité et les coups de théâtre.


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